CHANGEMENT DE STATUT DE L'ECOLE, QUEL AVENIR ?

Anne Hidalgo, maire de Paris a acté le changement de statut de notre « École ».

Comme nous l’avons annoncé dans le bulletin de décembre une cheffe de projet, à la fois directrice, a été désignée. Depuis un chef de projet adjoint a été nommé. Il s’agit de M. Bruno Leuvrey, ancien secrétaire général du Petit Palais (musée de Paris qui fait parti de l’Établissement Public  Local des Musées créé suite à leur détachement de la Direction des Affaires Culturelles), qui sera en charge de la partie RH et juridique.

Ils travaillent de concert depuis février afin de porter le nouveau statut sur les fonds baptismaux début 2018.

L’école évoluera vers un statut d’Établissement Public Local en régie personnalisée à autonomie financière avec la personnalité morale.

Qu’est ce que cela change ?

Aujourd’hui, l’école est administrée en direct par des personnels de la ville, du directeur au balayeur. Supervisée par un service de la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement, elle bénéficie de toute la logistique de la direction ainsi que les crédits nécessaires à son fonctionnement et un conseil de surveillance.

Demain, un conseil d’administration, composé majoritairement par des conseillers municipaux, dirigé par un ou une directrice nommé-e par la maire de Paris, sera chargé de la gouvernance de l’école. Elle sera doté d’un budget propre  financé principalement par une subvention de la Ville au lieu de délégations annuelles de crédits municipaux.

Cette nouvelle structure s’intègre dans toutes les lois de 2005 dites « de cohésion sociale » afin « d’améliorer le pilotage des établissements » en facilitant « la prise rapide de décisions » mais aussi «  de développer l’autonomie des établissements par l’accent qui est mis sur le projet  d’établissements qui vise à mobiliser les équipes pédagogiques pour améliorer les performances des élèves ». Vaste programme qui se solde en 10 ans, au niveau national, par la fermeture de 176 lycées professionnels et 3500 classes disparues, des études raccourcies (Bac pro en 3 ans au lieu de 4 qui est un choix aberrant sur le plan pédagogique et éducatif), et une classe de BPA gelée en 2016 à l’école faute de candidats à l’école.

Faut il s’attendre à une reprise en main politique par la mairie de Paris par la présence majoritaire de conseillers municipaux plus au fait de la gestion comptable portant en elle le mépris de la formation professionnelle, que de la vraie vie des entreprises et des services d’espaces verts ?

En ce moment de lancement du projet et des groupes de travail sur les différents thèmes à traiter, rien sur l’évaluation de l’environnement concurrentiel de l’école (les autres écoles tel que Montreuil ou Tecomah). Rien non plus sur un diagnostic des besoins en formation initiale pour alimenter le marché du travail des entreprises d’espaces verts.

Alors que l’UNEP (Union National des Paysagistes) annonce pour le 4ème trimestre 2016      « une baisse de 2,5% de la création des espaces verts par rapport à 2015, de 2% du marché des particuliers et de 1% du chiffre d’affaires dans une activité sous performante depuis 2 ans » selon sa présidente . Seuls les marchés publics en baisse depuis plusieurs années augmentent de 2% suite principalement aux travaux autoroutiers.

 Face à ces états seuls 36% des entreprises envisagent de recruter !

La seule vision de ce changement de statut semble être budgétaire (les partenaires) et des formations type permaculture et agriculture urbaine et périurbaine qui s’ouvrent pour 3850 €.

Nouveaux mots à la mode dans la bouche des politiques après développement durable et gestion différenciée qui n’ont pas inversée la courbe de la pollution atmosphérique, tant prôné dans leur incantation  lors de la mise en place de ces modes d’entretien des espaces municipaux qui pour certains à Paris sont investis par les rats !

Jamais autant de jours de pollution aux particules fines tant à Paris que dans les départements ruraux du centre de la France (Cher, Nièvre).

Qui peut croire (sauf les naïfs) nourrir les parisiens en autosuffisance par des cultures sur les toits, au pieds des immeubles,  alors que les terrains disponibles disparaissent sous le bétonnage tant à Paris intramuros qu’en grande banlieue (Gonesse) par l’implantation de « gigantesque complexe touristico-commercialo-culturel, Europa City » qui fera disparaitre 80 hectares de terre cultivable. Ou encore le « cluster » scientifique et technologique de Paris Saclay (centres de recherche, entreprises, grandes écoles) va engloutir 569 hectares de bonne terre cultivable. Nous sommes pas prêt de manger local.

220 hectares de terres cultivables disparaissent par jour en raison de leur urbanisation ! L’inverse de la mise en route d’une agriculture écologique et paysanne capable de nourrir localement et sainement les habitants de l’Ile de France et créatrice d’emplois.

Agrocampus Ouest, avec Rennes métropole, apporte du grain à moudre au sujet. Pour amorcer ce virage radical de l’autosuffisance, il serait nécessaire d’exploiter près de 3.000 hectares de terre ! Baisser la consommation de viandes, de produits laitiers et multiplier les points de vente directe .

L’agriculture urbaine, c’est un coût d’investissement qui peut atteindre 2000 €/ m2. Sous ce thème, se cache plus des demandes de jardinage, de nature, d’agriculture affective (avoir des producteurs à proximité). Et s’il n’y a pas d'animation et de responsable de site, ça ne marche pas. Combien de façades végétalisées (demande de nature) sont complexes d’entretien (musée des arts et civilisations) ou n’ont pas tenu dans le temps ? Quid de la communication de la DEVE sur les murs végétalisés de son patrimoine ?

Dernièrement l'APUR (Atelier Parisein d'Urbanisme) a publié une note sur le sujet. Selon cette agence, il faudrait 11 000 ha de surfaces agricoles pour nourrir tous les parisiens en fruits et légumes soit 50m2 utile en maraichage traditionnel pour nourrir 1 personne en fruits et légumes!

Pour que l’offre d’un enseignement et de formation de l’école soit toujours en pointe au sein d’une école de renommée et d’excellence qui doit se tourner vers l’avenir ; rien sur la création d’une véritable classe préparatoire des écoles supérieures du paysage qui amènerait les Du Breuillois et Du Breuilloises vers les écoles d’ingénieur (Versailles, Blois) ! Encore moins sur une classe préparant au diplôme d’ingénieur !

Rien sur le développement d’une véritable filière du CAP à cette classe préparatoire ouverte à tous les élèves de l’école dans laquelle tous ces « gamins » seraient heureux d’aller et se faire grandir eux-mêmes.

Rien sur une rénovation bâtimentaire conséquente, innovante, écologique qui annoncerait une vision longue de l’avenir de l’école.

Par contre, on parle apprentissage (aujourd’hui 44% des élèves de l’école sont déjà hors parcours scolaires initial) ou comment se tirer une balle dans le pied et formation d’adultes payantes. Nouveaux eldorados concurrentiels !

Avec ce nouveau statut, l’école rentre de plain-pied dans la marchandisation des savoirs et une organisation comme un marché avec des acteurs (les écoles) en concurrence.

Développer l’apprentissage, c’est, à terme, remettre en cause le versement de la taxe d’apprentissage déboursée par les entreprises pour que les écoles se chargent de la formation professionnelle.

Développer l’apprentissage, c’est oublier que le nombre d’apprentis stagne depuis plusieurs années même avec la multitude d’aides gouvernementales, qu’1 apprenti sur 4 ne va pas au bout de son contrat, 50% pour les métiers pénibles !

Quand la dotation municipale ne sera plus suffisante ainsi que les rentrées extérieures, quel devenir de l’enseignement initial gratuit ?

Verrons nous s’instaurer, comme dans les universités et les ex écoles de prestige de la Ville (Boulle, Duperré, Estienne ...), les droits d’inscription puis leur augmentation qui pénalisera les familles ?

Nous sommes bien dans le pur style des réformes de la municipalité parisienne, une réforme a coût zéro ! Est-ce la bonne solution pour préparer les producteurs de demain, pour ma part j’en doute.

 

ROLLAND GENOT dit « Pépé’ (promo 1970)

Pensée du jour : « il faut bien que quelque chose change pour que tout reste pareil »



Ajouté le 23/03/2017 par RG - 0 réaction Ecole

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