IL FAUT SAUVER LE SOLDAT ARBORETUM

Arboretum EntréeProfitant de sa réouverture après les travaux de création d’allées piétonnes et de la reprise des allées existantes, j’ai suivi leur tracé.
On retrouve vite l’esprit d’aménagement du bois de Vincennes puisque les 2 ruisseaux ont été en partie réaménagés (élargi, creusé, et les bords par endroits bordés par des enrochements calcaire dont l’esthétique et l’utilité sont contestables) et dans les plantes envahissantes (érables, ronces, clématites sauvages notamment qui se sont emparées du sous-bois.
Elles entrent en concurrence avec les arbres auxquelles elles enlèvent l’accès à l’eau et aux nutriments sur un sol hétérogène et pauvre.
Tout semble se mettre en place pour que l’arboretum ne soit plus partie intégrante de l’école depuis son installation sur le site de la Ferme car les travaux auraient été payés et réalisés sous la responsabilité de la division du bois de Vincennes !
Quel intérêt d’abandonner ce lieu et le patrimoine arboricole qu’il renferme dans cet état délaissement ? Protéger 5 espèces d’orchidées des prairies calcaires ? La gestion écologique du bois de Vincennes ne suffit elle pas aux parisiens pour « admirer » et se « pâmer » devant la flore et la faune ? Permettre à quelques fonctionnaires zélés de la DEVE de démontrer aux élus « qu’ils sont bien dans la ligne » qui met à mal de nombreux espaces verts parisiens ?
Tout çà au détriment de l’esprit pédagogique que ce lieu à apporter et doit encore amener tant aux apprenants qu’aux promeneurs.
Rien de tel qu’une visite dans l’arboretum pour connaître des arbres communs ou rares. Même des heures et des heures passées sur internet ne permettront jamais cette approche sensuelle de connaissance par la vue et le toucher des arbres.
Cette « gestion écologique » doit elle entrainer l’apparition et l’invasion d’espèces envahissantes au détriment de la pérennité des arbres plantés par des générations d’élèves de l’école. Plantations qui devraient faire aujourd’hui la fierté de la direction des espaces verts et de l’école.
Mais que savent ils ;
  • du double enjeu de sa création ; présentation aux parisiens, aux professionnels des arbres et conifères capables de pousser en Ile de France et offrir à la connaissance aux élèves d’une palette arboricole intéressante,
  • de l’organisation botanique de la collection,
  • du système de localisation des végétaux,
  • de la diversité arboricole qui s’y trouvent,
  • de la rareté de certains espèces qui le peuple.
Planter des arbres, les préserver, c’est être dans le « temps long ». Le résultat ne se distingue qu’après 10 ans, 20 ans de plantation. Rien à voir avec la société où tout doit être immédiat, quantifié même dans les espaces verts.
Cette promenade m’a permis de découvrir deux nouvelles mares, de grandes prairies ouvertes qui pourraient accueillir des nouvelles plantes pour augmenter la palette de végétaux présentes. On sent que depuis de nombreuses années les plantations d’arbres sont inexistantes. L’étiquetage est en voie de disparition, illisible ou inabordable du fait du traitement du sous-bois.
Dommageable pour les élèves, les visiteurs et la réputation d’un site qui est référencé par l’association des Jardins botanique de France et des pays Francophones (J.B.F.) à travers le jardin botanique de Paris. Il faut que la direction actuelle se positionne sur le maintien de l’arboretum au sein de l’école, quelque soit son statut à venir et ne le laisse partir vers un autre service de la DEVE. Que les moyens soient programmés sur plusieurs années pour qu'il retrouve le lustre des années antérieures.
 
Quelle école d'horticulture française peut se glorifier de détenir un tel outil d’apprentissage qui doit être valoriser et pas abandonner ?
 
Rolland GENOT dit "Pépé" (promo 1970)


Ajouté le 15/03/2017 par RG - 1 réaction

Les réactions

Avatar Arnaud DUPLAT


Gestionnaire de l'arboretum avec mes collègues jardiniers, cs bucherons et bucherons du bois  je suis d'accord pour concéder qu'il est difficile, dans cet espace malgré tout restreint de 12 hectare, de ménager la chèvre et le chou.

La collection d'arbres est peut être moins mise en valeur mais n'en ai pas moins reconnue. L'inventaire est mis à jour régulièrement et partagé au sein des jardins botaniques de France et du monde entier. des échanges de graines et de boutures vont bon train rassurez vous pour préparer demain ( à l'échelle du temps des arbres on parle bien en décennies). Preuve que la collection d'arbres est toujours dans la course, nous avons eue la première accréditation du label
Arbnet en France : http://www.arbnet.org/morton-register/arboretum-de-paris

même si ce n'est peut être pas trés visible nous plantons toutefois une quinzaine d'arbre chaque année. Souvent des sujets issus du centre horticole de Rungis mais aussi issus de graines ou boutures du monde entier grâce à nos échanges Jardin Botanique de Paris. Les espèces botaniques stricte ( Genre espèce) sont privilégiées et on ne remplace plus à l'identique les sujets à cultivars ( qui sont du coup plus représenté coté domaine de l'école avec cette année plus de 30 sujets à feuillages, écorces et floraison décorative).
L'étiquetage est en cours de gravure car en effet c'est la raison d'être de l'
arbo. des étiquetages provisoires en plastique avaient été mis en place mais des visiteurs indélicats ont jugé bon de les arracher ou des les voler... mais en effet pour les 150 ans l'école il est possible de les rééditer.

les derniers aménagement paysagers s'inscrivent en effet dans le style haussmannien du bois de Vincennes et doivent principalement permettre une accessibilité plus large du public avec des accès personne à mobilité réduite et des nouvelles entrée. un système de balise vocale est également disponible sur
smartphone pour guider les visiteurs valides, étrangers, ou déficients visuels ou auditifs : https://www.audiospot.fr/fr/
le
système n'est pas optimum pour le moment mais le potentiel est là.

Je déplore comme vous que la gestion différenciée de l'arboretum rend inaccessible certains sujets, cependant je pondèrerait en ajoutant que celle ci permets de nouvelles applications pédagogiques (
tp de taille de haie bocagère, haie sèche, relevé de faune et de flore spontanées, étude de la population des vers de terres...) A voir si cela colle au plus près des exigences du référenciel scolaire et si cela permets à nos étudiants de se démarquer avec cette sensibilité et expertise supplémentaire.

Nous sommes tous convaincus que l'arboretum est indissociable de sa vocation pédagogique de l'Ecole Du Breuil et bataillerons pour qu'il reste dans son giron ! A l'heure de l'optimisation poussée à l'extrême comme vous le dites, l'arboretum à son épingle a tirer du jeu en étant plus qu'une collection passive de végétaux mais en proposant bien un large panel d'apprentissages pour les professionnels, les étudiants et bien entendu le public de plus en plus averti . Soyons fiers du passé, sérieux pour le présent et ambitieux pour l'avenir !

Bien cordialement à tous les amoureux des arbres

Arnaud

 

Le 12-04-2017 à 14:18:52

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